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Je réemploie, et toi ?
Le réemploi de matériel informatique… Un terme que vous avez certainement déjà entendu au détour d’une conversation, sans pour autant disposer de plus de détails… Ce mois-ci, Insite vous propose de découvrir ce secteur d’activité en plein essor, générateur d’une forte plus-value sociale et environnementale.
Les enjeux du réemploi de matériel informatique
Des pratiques actuelles peu respectueuses de l’environnement
La production d’un ordinateur de bureau de 24 kg (écran compris) nécessite au moins dix fois son poids en combustibles fossiles et produits chimiques. En comparaison, la production d’une voiture ou d’un réfrigérateur ne requiert qu’une à deux fois son poids en matières premières et en ressources naturelles.
Une fois fabriqué, l’ordinateur contient du plomb, du cyanure et d’autres substances nocives pour l’environnement. Les écrans notamment contiennent de nombreuses substances polluantes (plomb, métaux lourds), dangereuses pour la terre et les nappes phréatiques.
Le reconditionnement permet un meilleur respect de l’environnement.
La production d’un ordinateur reconditionné coûte infiniment moins cher en énergie que celle d’un ordinateur neuf. Elle ne nécessite aucun recours à des matières premières, ou de matériaux dangereux ou polluants. Elle prolonge le cycle de vie de la machine et réduit ainsi la production de déchets.
Une fracture numérique persistante
La fracture numérique désigne le fossé entre ceux qui utilisent les TIC pour leurs besoins personnels et professionnels, et ceux qui ne sont pas en état de les exploiter faute de pouvoir accéder aux équipements ou fautes de compétences. Le développement considérable des TIC est facteur d’inégalités nouvelles. A mesure que les activités sociales et économiques prennent de l’importance sur Internet, de nouvelles formes d’exclusion apparaissent.
Un facteur de poids de la fracture numérique demeure l’accès au matériel informatique. En France, même si l’équipement des foyers en ordinateurs est en nette progression, de profondes inégalités perdurent. Les dernières études démontrent que si 69% des français de plus de 12 ans ont accès à un ordinateur à leur domicile, 28% en sont entièrement dépourvus.
Cette absence totale d’accès aux équipements informatiques touche des catégories de personnes précises : en priorité les personnes âgées et les retraités, les non-diplômés, les ménages défavorisés. La réalité de la fracture numérique recouvre celle de la fracture sociale.
Signalons également que 47% des actifs, des élèves et des étudiants déclarent ne pas disposer d’ordinateurs sur leur lieu de travail. On observe une lacune importante en équipements informatiques dans les établissements scolaires et certaines petites entreprises et collectivités. Ce qui nuit gravement à l’insertion des employés et des publics dans le tissu économique et social.
Un gaspillage généralisé des parcs informatiques
Si l’on s’attarde sur les problématiques de gestion des parcs informatiques, plusieurs constats s’imposent :
- Le parc informatique des entreprises françaises est colossal (98% des entreprises françaises de plus de 10 salariés sont équipées en ordinateurs).
- Ce parc informatique est renouvelé de plus en plus souvent (pour causes d’évolutions logicielles, d’évolution des besoins en performance et en mémoire, etc). La durée d’utilisation des équipements, qui était de 6 ans en 1997, est passée aujourd’hui à 2 ans environ.
- On observe un phénomène de gaspillage généralisé de ce parc informatique. En effet, de nombreuses entreprises optent pour la destruction de leur parc lorsqu’elles décident de le renouveler. On estime qu’en France, 2,5 millions d’ordinateurs sont mis chaque année au rebut par les entreprises. Parmi eux, 50 % au moins sont encore en bon état de marche : un nombre considérable de machines encore modernes dont la durée de vie pourrait être prolongée au bénéfice des plus démunis !

- D’un côté des millions de français n’ont pas accès à un ordinateur, et de l’autre des millions d’ordinateurs sont mis au rebut chaque année alors qu’ils sont en état de marche.
L’opération qui consisterait pour les structures à donner directement le matériel au public n’est cependant pas recevable… En effet, suite à un premier usage, les ordinateurs peuvent contenir des données confidentielles ; certaines pièces parfois défectueuses ou usées doivent être remplacées ; et il convient de s’assurer que l’utilisateur final disposera des droits nécessaires à l’utilisation du système d’exploitation et des logiciels installés. Au moment où les entreprises cessent d’utiliser les ordinateurs, ceux-ci ne peuvent donc pas être immédiatement récupérés. Avant d’être redistribués, ils doivent toujours être reconditionnés, c’est à dire confiés à des professionnels chargés de leur donner une deuxième vie : les reconditionneurs.
Qu’est-ce que le réemploi de matériel informatique ?
Le réemploi de matériel informatique, favorisant un cycle de vie durable des ordinateurs, peut être illustré par le schéma suivant :

Comme l’illustre ce schéma, le réemploi de matériel informatique se compose de deux processus distincts, à ne pas confondre : le reconditionnement et le recyclage. Si tous deux participent à une activité liée à la réutilisation d’ordinateurs ou de leurs composants, chronologiquement, le reconditionnement intervient avant le recyclage.
Le reconditionnement informatique
Reconditionner un ordinateur, c’est le remettre dans l’état de fonctionnement dans lequel il était avant d’avoir été utilisé.
Le reconditionnement intervient en amont du recyclage (destruction ou valorisation) pour prolonger le cycle de vie du matériel obsolète par une remise à niveau.
L’opération de reconditionnement se divise en trois phases de travail distinctes :
- La collecte ;
- La remise à niveau (nettoyage, remplacement des pièces usées ou défectueuses, effacement des données, réinstallation du système d’exploitation et des logiciels nécessaires à son fonctionnement) ;
- La redistribution du matériel.
Il est important de préciser qu’un ordinateur reconditionné n’est pas un déchet. Il s’agit bien de matériel en parfait état de fonctionnement. Un ordinateur reconditionné présente des performances équivalentes à celles qu’il possédait lorsqu’il était neuf.
Le recyclage informatique
Souvent confondu avec le reconditionnement, le recyclage informatique est la phase terminale du cycle de vie des ordinateurs (après l’usage 2 sur le schéma).
Il se décompose de la manière suivante :
- Collecte ;
- Inspection - audit ;
- Démantèlement ;
- Tri des composants - matières (plastiques, métaux, substances dangereuses, verres, etc.) ;
- Destruction des composants - matières non réutilisables (valeur négative) ;
- Revalorisation des composants - matières utilisables (valeur positive).
Ainsi, recycler un ordinateur c’est démonter, tester et utiliser à nouveau les composants qui peuvent encore être réemployés, récupérer les matériaux inemployables dans l’état (métaux précieux, plastiques, gaz...), les détruire proprement ou les employer à d’autres usages.
Les matériaux utilisés lors de la production d’équipements informatiques sont complexes et coûteux à recycler car fortement polluants (batteries au lithium). Leur traitement exige des compétences et des installations spécifiques. Aussi, peu de reconditionneurs opèrent eux-mêmes la destruction ou la valorisation des déchets informatiques, mais entretiennent des partenariats avec des éco-organismes spécialisés.
Qui sont les acteurs du réemploi de matériel informatique ?
Le réemploi informatique est un secteur économique regroupant l’ensemble des acteurs engagés dans une démarche de réutilisation du parc informatique national : donateurs, reconditionneurs, bénéficiaires, et facilitateurs.
- Les donateurs : ce sont les particuliers, les entreprises, les collectivités, auprès de qui s’opère la collecte du matériel informatique usagé.
- Les reconditionneurs et les éco-organismes spécialisés : ils sont chargés de donner une deuxième vie au matériel usagé, puis de prendre en charge sa fin de vie.
- Les bénéficiaires : le reconditionnement permet l’accès au matériel par des publics qui pour des raisons économiques, sanitaires ou culturelles, en sont écartés. Les bénéficiaires peuvent être des particuliers défavorisés, des chômeurs, des étudiants, des structures d’aide et d’insertion sociale, des associations et clubs de seniors, des centres socio-culturels et socio-éducatifs, des centres pour handicapés, des associations de développement local, des Espaces Publics Numériques (EPN), des collectivités en charge de l’équipement des écoles, etc.
L’ordinateur reconditionné est soit cédé gratuitement, soit vendu environ 100 euros alors qu’il était proposé neuf à un prix jusqu’à dix fois supérieur.
Les entreprises ou les collectivités peuvent orienter la redistribution de leur matériel dans de nombreuses directions de solidarité. La sélection des publics bénéficiaires peut se faire à la fois en fonction de la nature et de la qualité du matériel, et des objectifs de solidarité que le donateur s’est fixés.
- Les facilitateurs : ce sont les structures chargées d’accompagner les publics dans la découverte et l’appropriation des TIC une fois le matériel acquis (structures d’accompagnement, de formations TIC, etc).
Les spécificités des structures de reconditionnement
Les reconditionneurs sont les intermédiaires opérant le lien entre l’offre et la demande dans le secteur du réemploi informatique.
Il est essentiel de préciser qu’il existe une grande diversité d’organismes reconditionneurs sur le territoire national. La majorité appartient au secteur de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) : on distingue de nombreux entrepreneurs sociaux, et une multitude d’initiatives associatives.
Autre point important : le reconditionnement permet le développement d’emplois pour des personnes peu qualifiées ou en réinsertion sociale. Nombreuses sont les associations et les entreprises solidaires qui se sont spécialisées dans le reconditionnement des ordinateurs afin de créer des emplois. Elles favorisent l’insertion professionnelle et/ou sociale de personnes en situation d’exclusion. Opter pour le reconditionnement, c’est donc favoriser l’emploi solidaire !

Chaque reconditionneur exerce ses activités de reconditionnement selon des critères spécifiques, en fonction des objectifs qu’il poursuit : réduire la fracture numérique, favoriser l’insertion professionnelle, encourager des pratiques respectueuses de l’environnement, etc.
Ces critères concernent notamment :
- Les publics de collecte : certains organismes ne collectent que des parcs informatiques d’entreprises, d’autres qu’à l’unité auprès des particuliers.
- Les publics de redistribution : certains organismes ne redistribuent qu’à des particuliers bénéficiaires des minima sociaux ; d’autres qu’à des associations engagées dans des projets d’équipements en milieu socio-éducatif, en France ou dans les pays du Sud.
- Les conditions de redistribution : certains reconditionneurs donnent le matériel remis à jour selon certaines conditions seulement : être demandeur d’emploi, suivre une formation à la bureautique, etc. ; d’autres le vendent à prix « équitable » (100 euros en moyenne).
Aussi, si vous cherchez un reconditionneur pour donner ou acquérir du matériel de seconde main, soyez attentifs à l’ensemble de ces conditions.
Vous l’aurez compris, le secteur du réemploi de matériel informatique est générateur d’une forte plus-value sociale et environnementale, en permettant :
- La réduction de l’impact des DEEE sur l’environnement ;
- La promotion de l’accès aux TIC des publics éloignés en leur permettant d’acquérir du matériel remis à niveau à moindres coûts ;
- La création d’emplois solidaires autour des activités liées au reconditionnement.
Précisons que le secteur du traitement, de l’élimination et de la valorisation des déchets informatiques est en plein essor, tant du point de vue de l’emploi que du chiffre d’affaires. Les entreprises et les associations du secteur, de plus en plus nombreuses (notamment en Ile-de-France), se positionnent et se spécialisent au sein d’un marché d’avenir.
Ce secteur profite en outre d’un contexte règlementaire favorable, et du soutien gouvernemental via un dispositif national d’envergure : Ordi 2.0.
Le dispositif Ordi 2.0 encourage le reconditionnement
Le Gouvernement français s’est engagé, avec le soutien de tous les acteurs de la Société de l’Information, à développer une filière nationale de collecte, de reconditionnement et de redistribution d’ordinateurs dans une démarche d’économie solidaire et de qualité environnementale.
Pour accélérer l’équipement à bas prix des publics en difficulté économique, le Secrétariat d’État chargé de la Prospective et du Développement de l’Economie Numérique et la Délégation aux Usages de l’Internet (DUI) ont souhaité soutenir et encourager le déploiement, sous la marque Ordi 2.0, d’une filière nationale de collecte, de rénovation et de réemploi des ordinateurs.
Ce dispositif a pour vocation d’offrir davantage de visibilité aux acteurs du reconditionnement et d’aider à la structuration de la filière.
Un site internet dédié au Programme a été mis en ligne en juin 2009 : http://www.ordi2-0.fr.

Réalisé par Insite et ANIS (http://www.nord-internet-solidaire.org), ce site est un outil au service de tous les acteurs impliqués dans la démarche et du public à la recherche d’informations sur le sujet du réemploi de matériel informatique.
On y distingue notamment :
- Une rubrique « A propos d’Ordi 2.0 », qui vous permet d’accéder aux informations institutionnelles relatives au Programme (contexte général, objectifs et enjeux, partenaires, conditions d’attribution du Label Ordi 2.0, etc).
- Une rubrique « Le réemploi du matériel informatique en pratique », dans laquelle sont mises à votre disposition des informations pratiques sur le thème du réemploi (Bonnes pratiques, Ressources documentaires, Lexique, etc).
- Un Annuaire des reconditionneurs à l’échelle nationale, agrémenté d’un système de géolocalisation (http://www.ordi2-0.fr/spip.php?rubr...).
Un moteur de recherche dynamique multi-critères (« Vous souhaitez donner du matériel informatique ? » / « Vous recherchez du matériel informatique ? ») vous permet de trouver rapidement et facilement les reconditionneurs correspondant à vos besoins. L’objectif visé étant de faciliter la rencontre entre l’offre et la demande dans le secteur du réemploi de matériel informatique.
Les reconditionneurs sont invités à se référencer dans cet Annuaire du site national Ordi 2.0.
Une fois référencés, et à condition de respecter un certain nombre de critères précis, ils peuvent prétendre obtenir un Label Ordi 2.0. Gage de sérieux, ce Label démontre une exemplarité dans leurs pratiques.
Pour encourager la généralisation du dispositif Ordi 2.0 sur l’ensemble du territoire métropolitain, 9 Pôles Interrégionaux se sont vus confier en 2010 l’animation de la filière à l’échelon local.
En coordination avec le niveau national, 9 Pôles Interrégionaux (http://www.ordi2-0.fr/spip.php?article94) ont pour objectif de développer et renforcer la filière Ordi 2.0, au niveau local, en facilitant sa pénétration dans les territoires.
Chaque Pôle Interrégional est notamment chargé :
- De rechercher des partenaires pour le programme Ordi 2.0 et les convaincre d’y adhérer ;
- De mutualiser les bonnes pratiques régionales ;
- De mener des actions de communication et d’organisation pour la mise en place d’un réseau Ordi 2.0 régional ;
- D’inciter à la création d’emplois d’insertion autour de l’activité de reconditionnement ;
- De mettre en place un programme régional de lutte contre la fracture numérique ;
- De garantir la traçabilité des activités de reconditionnement et de traitement des déchets électroniques ;
- De développer des activités dans le cadre du développement durable.
En Régions Nord-Pas de Calais et Picardie, c’est l’Association Nord Internet Solidaire (ANIS) dont l’objectif depuis près de 10 ans est de promouvoir l’Internet Citoyen et Solidaire, qui s’est vue confier par la Délégation aux Usages de l’Internet l’animation du dispositif Ordi 2.0.
Au vu de ces objectifs, ANIS a déjà mis en oeuvre un certain nombre d’actions :
- Participation aux réunions de Pôles Nationaux et Interrégionaux Ordi 2.0 ;
- Conception et réalisation d’outils numériques destinés à faciliter l’animation du dispositif Ordi 2.0 par les 9 Pôles Interrégionaux ;
- Veille, identification et référencement des différents acteurs concernés par le dispositif Ordi 2.0 en Régions NPDC / Picardie ;
- Organisation en juin 2010 d’un Séminaire d’une demi-journée sur le thème du réemploi de matériel informatique en partenariat avec la Ville de Lille et le Conseil Régional Nord-Pas de Calais ;
- Promotion d’Ordi 2.0 lors de manifestations publiques ;
- Elaboration de supports de communication Ordi 2.0 ;
- Réalisation de reportages vidéos dédiés aux acteurs de la filière Ordi 2.0 en Régions…
Pour découvrir l’ensemble des actions entreprises par ANIS en 2010 : http://www.nord-internet-solidaire.....

Précisons qu’une plateforme Web Interrégionale Ordi 2.0 dédiée aux Régions Nord-Pas de Calais et Picardie sera prochainement mise en en ligne.
Réalisée par Insite et ANIS, cette plateforme Web Interrégionale aura pour objectif de référencer et de valoriser les initiatives et les bonnes pratiques des différents acteurs de la filière du réemploi en Nord-Pas de Calais et Picardie.
Les contenus de cette plateforme, complémentaires au site national, seront territorialisés.
Les outils de Réseaux sociaux seront également mobilisés (page Facebook Ordi 2.0 en Régions, etc).
Sources :
- Etude CREDOC « La diffusion des Technologies de l’Information et de la Communication dans la Société française » (2009) : http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspu....
- Le site national Ordi 2.0 : http://www.ordi2-0.fr.
- Le Livre Blanc « Reconditionnement : longue vie aux ordinateurs, longue vie aux internautes » de Renaissance Numérique (2010) : http://www.ordi2-0.fr/spip.php?arti....
- L’article « Ordi 2.0 se construit en Régions Nord-Pas de Calais / Picardie » (ANIS) : http://www.nord-internet-solidaire.....
Drupal, le système de gestion de contenu qui a le vent en poupe
Avec 14 ans d’expérience et plus de 300 références de projets Web, Insite a développé une expertise incontestable dans le domaine des systèmes de gestion de contenu (ou CMS - Content Management System), une famille de logiciels destinés à la conception et à la mise à jour dynamique de sites web ou d’applications multimédia. A titre d’exemples, parmi les CMS les plus utilisés, citons SPIP, Joomla, Typo3 et Drupal pour les sites ; Wordpress et DotClear pour les blogs.
Depuis 2002, Insite développe la plupart de ses projets sur la base de SPIP. Mais depuis 2009, l’Agence Web propose également parmi son éventail de prestations la solution Drupal.
Ce mois-ci, nous vous invitons à découvrir cet outil professionnel et efficace pour un coût maîtrisé.
La success story Drupal
Dans la préface de l’ouvrage Concevoir et déployer ses sites web avec Drupal de Yoran Brault, Edwy Plenel résume efficacement les grandes composantes de l’esprit originel de Drupal : « […] loin d’une vision close de la technique, repliée sur elle-même et fermée aux non-initiés, la communauté d’utilisateurs, la facilité de ses usages et la commodité de ses pratiques sont les premiers soucis de Drupal ».
Tout commence en 1999 lorsque Dries Buytaert, étudiant en informatique à l’Université belge d’Anvers, crée un système de messagerie interne (un forum de discussions) pour sa résidence étudiante. Peu à peu, il ajoute des fonctionnalités : blogs, flux RSS, notations, etc. Le nombre d’utilisateurs augmente progressivement, des améliorations sont suggérées.
Dans l’incapacité de mettre en œuvre seul l’ensemble des changements proposés, Dries Buytaert décide alors de rendre le code-source (c’est-à-dire les lignes de programmation permettant de modifier le logiciel) disponible. Une communauté d’utilisateurs enthousiastes se crée.
La version 1.0 de Drupal sort début 2001.

- Dries Buytaert, le créateur de Drupal
Drupal devient en quelques années l’un des systèmes de gestion de contenu les plus populaires dans l’univers du logiciel libre. A l’heure actuelle, on estime à environ 500 000 le nombre de sites utilisant Drupal. Le logiciel est téléchargé en moyenne 250 000 fois par mois.
Drupal repose sur une communauté de développeurs et d’utilisateurs particulièrement active et inventive, répartie à travers le monde. A titre d’exemple, 700 personnes ont apporté des améliorations à Drupal 7. Plusieurs centaines de modules, qui sont des projets en soi, ont été développés pour compléter le logiciel.
Précisons qu’aux Etats-Unis, Drupal s’est classé premier au concours du meilleur CMS 2007 dans la catégorie du meilleur système de gestion de contenu en accès libre ; second dans la catégorie du meilleur système de gestion de contenu en accès libre et en PHP (derrière Joomla) ; et second dans la catégorie du meilleur système de gestion de contenu en accès libre orienté réseaux sociaux (derrière WordPress). Il a de nouveau été classé premier en 2008 et en 2009.
Mais comme le précise l’article de Camille Gévaudan « Drupal, libre et ambitieux » (Ecrans - Liberation.fr - Septembre 2009), « Pour Dries Buytaert, ce succès n’est qu’un début. Il y a plein de sites faits avec Drupal et c’est super, mais on a la possibilité d’en avoir encore plus. Pour passer d’un demi-million de sites Drupal à 5 millions, ou peut-être 50 millions, la priorité est de rendre le programme encore plus facile à utiliser. »
Drupal, késako ?
Drupal est un système de gestion de contenu (CMS) libre et open source. Il est publié sous la licence publique générale GNU, et écrit en PHP.
Son créateur définit Drupal comme « un assembleur rapide de site web ».
En effet, il offre aux utilisateurs la possibilité de publier facilement, de gérer et d’organiser un vaste éventail de contenus sur un site web. Il permet aux individus, comme aux communautés d’utilisateurs, de faire évoluer le site sans recourir systématiquement à un programmeur.
Facilité, rapidité, simplicité et fiabilité sont les valeurs maîtresses de Drupal.

A l’heure actuelle, des dizaines de milliers de personnes et d’organisations l’utilisent pour propulser des sites de toutes tailles et fonctions. Sa flexibilité lui permet de répondre à la très grande majorité des besoins du marché : sites institutionnels, sites vitrines, sites marchands (e-commerce), sites communautaires, réseaux sociaux, blogs, médias, annuaires, intranets, etc.
Classé parmi les principaux leaders sur le marché des CMS Open source, Drupal affiche de sérieuses références, dans des domaines très divers : White House ; Amnesty International ; La Fondation Kofi Annan ; Rue89 ; Mediapart ; France 24 ; Le Figaro ; etc.
D’autres exemples sont visibles en ligne à l’adresse suivante : http://buytaert.net/tag/drupal-sites.
Parmi les réalisations d’Insite basées sur le programme au logo en forme de goutte, citons le site de l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse, dernière référence mise en ligne.
D’autres projets sont actuellement en cours de réalisation : Le site du Carrefour des Pays Lorrains, Le site du projet Vitalbonus, etc.
Comment fonctionne Drupal ?
Drupal est entièrement programmé en PHP. L’ensemble est constitué de modules gravitant autour d’un noyau très léger. Chaque module est en quelque sorte une bibliothèque de fonctions qui enrichit l’application et augmente ses possibilités.
Comme l’explique le site de la communauté francophone http://drupalfr.org, une des forces de Drupal est la possibilité qu’ont les modules d’interagir entre eux. La contrepartie de cette flexibilité est la complexité. Drupal propose souvent une ou plusieurs solutions pour résoudre le même problème. D’autre part, trouver « le » module qui répondra le mieux aux besoins peut parfois s’avérer délicat…
Un autre point qui distingue Drupal des autres CMS repose sur le fait que le site et son interface d’administration sont intimement liés : les administrateurs éditent leur contenu dans le même contexte graphique ou presque que celui du visiteur. Cette fonctionnalité peut-être déroutante au premier abord, mais est par la suite particulièrement productive et intuitive.
Comme tous les CMS, l’architecture d’un site Drupal repose sur un modèle de contenu spécifique qui permet de structurer l’information. Drupal utilise un système de nœud couplé à une taxonomie (méthode de classification des informations dans une architecture structurée de manière évolutive) particulièrement flexible.

Drupal, une solution efficace, adaptée à vos besoins
Vous l’aurez compris, Drupal présente de multiples points forts :
- Tout d’abord, son appartenance à la sphère Open source lui confère un sérieux avantage. Drupal est une solution multilingue qui repose sur une très grande communauté d’utilisateurs et de contributeurs. Ceux-ci garantissent la pérennité, l’innovation et la fluidité du marché. Drupal repose sur un écosystème d’entreprise décentralisé : le projet n’appartient pas à une entreprise en particulier, les clients utilisateurs sont donc libres de choisir ou de changer de prestataire.
- La flexibilité de Drupal est également l’un de ses points forts. Comme précisé précédemment, il permet de réaliser des projets de natures très diverses (sites institutionnels, vitrines, marchands, communautaires, réseaux sociaux, blogs, médias, intranets, etc). Cette flexibilité est rendue possible par une architecture pensée pour être modulaire tout en préservant l’intégrité du code source.
- Grâce au fonctionnement en modules, décrit précédemment, Drupal se présente comme une solution particulièrement évolutive et modulable. Proposés par la communauté ou conçus sur mesure, les modules sont très nombreux et offrent de multiples possibilités, en fonction des besoins. Cette architecture permet aux programmeurs de réaliser des modules personnalisés afin d’étendre les fonctionnalités sans pour autant modifier le corps de Drupal.
- Système éprouvé depuis 2001, Drupal est un outil robuste et performant (en témoignent ses nombreuses références prestigieuses). Son architecture optimisée a fait ses preuves sur des sites à très grand trafic. Drupal repose sur un code de qualité, grâce à une discipline stricte de documentation et un système automatisé de tests unitaires et fonctionnels.
Précisons d’ailleurs que la qualité du code et la robustesse de son interface de programmation (API) font que Drupal est également présenté comme un environnement de développement PHP (Framework). On parle alors de « Content Management Framework ».
- Drupal offre enfin une palette de services et de possibilités, adaptées à vos besoins : Gestion des droits utilisateurs fine et illimitée ; Gestion des contenus grâce à la taxonomie ; Nombreux outils de navigation et de communication pouvant être intégrés (plan dynamique du site, moteur de recherche plein texte ou par mots clés, forum de discussion, consultations, sondages, versioning des articles (contenus textuels), prévisualisation des articles, gestion des flux RSS, cartographie, notification des nouveautés, etc) ; Gestion dynamique ou/et manuelle de la newsletter ; etc.
Vous l’aurez compris, Drupal apparaît comme une solution souple et puissante, permettant de créer des sites internet sur-mesure, fonctionnels, évolutifs, et de répondre aux cahiers des charges les plus complexes.
Néanmoins, pour être utilisé de manière optimale, Drupal est un système qui suppose rigueur, sérieux, et précautions. Ce qui nécessite un accompagnement de qualité, par un professionnel du Web.
Insite reste à votre écoute pour vous accompagner dans vos projets et réalisations de sites, quelle que soit la solution technique envisagée. N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir de plus amples renseignements : contact@insite.coop
Sources et pour aller plus loin :
- Site officiel de la communauté Drupal (en anglais) : http://drupal.org
Ce site offre de nombreux forums, des mailing-lists pour les développeurs et les utilisateurs, et une newsletter.
- Site officiel de la communauté française Drupal : http://drupalfr.org
Vous trouverez sur ce site de nombreux conseils pertinents, une documentation complète en français, et des forums francophones.
- Article relatif à Drupal sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Drupal
- « Drupal sites » par Dries Buytaert : http://buytaert.net/tag/drupal-sites
- Découverte de Drupal et tutoriaux : http://kolossaldrupal.org
- Guide pour débuter avec Drupal : http://www.atelierdrupal.net/conten...
- Documentation et guide des modules : http://www.drupalistic.net
- Tutoriels vidéos Drupal : http://biboo.net et http://php.opensourcecms.com/free/v...
- Ouvrage Concevoir et déployer ses sites web avec Drupal - Drupal 6, présentation de Drupal 7 - de Yoran Brault - Préface d’Edwy Plenel - Editions Eyrolles - Collection Accès libre - 1ère édition - Septembre 2009.
- Article « Drupal, la machine à tout faire du Web » - par Laurent Mauriac - Rue89 - Septembre 2009 : http://www.rue89.com/media-internet....
- Article « Drupal, libre et ambitieux » - par Camille Gévaudan - Ecrans, un site de Liberation.fr - Septembre 2009 : http://www.ecrans.fr/Drupal-libre-e....
Gros plan sur le droit à l’oubli numérique
Définition, enjeux et initiatives
En octobre 2008, un sondage IPSOS commandé par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés - CNIL indiquait que 71 % des Français jugeaient insuffisante la protection des données individuelles sur Internet.
Ces inquiétudes s’avèrent justifiées tant les données personnelles sont convoitées, dans des objectifs commerciaux, de recrutement ou encore de lutte contre la délinquance.
Depuis l’avènement des blogs et des réseaux sociaux, les risques de dérives dans l’utilisation des données personnelles se sont démultipliés…
Pour mesurer les risques encourus, il suffit d’observer le nombre d’inscrits sur Facebook ou Twitter, plateformes de réseaux sociaux sur lesquelles les internautes publient des informations personnelles, voire intimes, sans réfléchir aux conséquences néfastes que certaines publications de photographies ou données pourraient avoir…
En août 2009, un sondage mené par Harris Interactive pour le site de recrutement américain CarrerBuilder.com dévoilait par exemple que 35% des recruteurs avaient déjà écarté une candidature suite à la découverte d’informations sur des réseaux sociaux…
En novembre 2009, Alex Türk, Président de la CNIL, lance le débat en demandant publiquement l’inscription du droit à l’oubli numérique dans la Constitution pour mettre fin aux dérives observées. En parallèle, deux sénateurs présentent une proposition de loi sur le sujet. Ces signes révèlent que l’enjeu du débat est important…
Qu’entend-on par droit à l’oubli numérique ?
Le principe du droit à l’oubli numérique est d’offrir à tout internaute la possibilité de supprimer des données personnelles, déposées volontairement sur Internet ou divulguées à son insu, qui lui portent préjudices dans sa vie professionnelle, familiale ou sociale. Cela peut aller de l’effacement d’un casier judiciaire à des photographies dénudées publiées par un tiers.
Cette expression renvoie au droit à l’oubli, notion classique de la protection des données personnelles. Elle est l’un des principes fondateurs de la loi Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978 qui encadre la durée de conservation des données sous une forme identifiable dans le temps nécessaire aux finalités et le droit d‘obtenir l‘effacement des données inexactes, équivoques, incomplètes ou dont la collecte, la communication ou la conservation sont interdites.
L’article 2 de la loi (résultant de la réforme du 6 août 2004) définit la notion de traitement de la manière la plus large possible, ce qui permet de l’appliquer à Internet.
Ainsi, un site qui conserverait des données nominatives au-delà de la période qu’il a déclarée lors de l’inscription de l’internaute encourt des sanctions pénales.
Du côté européen, « les lois européennes sont claires. On ne peut utiliser les informations personnelles d’un individu sans son consentement préalable » explique Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de la Société de l’information et des Médias.
Un des éléments importants de la directive européenne du 24 octobre 1995 (Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 24 octobre 1995, relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données) sur la protection de la vie privée repose sur le fait que les responsables de fichiers ne doivent pas conserver des données personnelles au-delà de la période nécessaire à leur traitement.
Par exemple, les fournisseurs d’accès ne peuvent pas stocker pendant plus d’un an les adresses IP de leurs clients. Les détenteurs des données disposent par ailleurs d’un droit d’accès, assorti d’un droit de rectification et de suppression sur les données erronées ou périmées.
La directive européenne du 24 octobre 1995 comprend également la notion très large de « traitement » de données (art.2 b), ainsi que celle du droit à l’oubli (art.6 e).
Initiatives et propositions en France
Depuis l’annonce de la proposition de loi en novembre 2009, le débat sur le droit à l’oubli numérique est lancé autour d’acteurs institutionnels.
- La proposition de loi
Deux sénateurs, Anne-Marie Escoffier et Yves Détraigne, ont déposé le 6 novembre 2009 une proposition de loi visant à « mieux garantir le droit à la vie privée à l’heure du numérique » et à transformer « l’homo sapiens » en « homo numericus », à la fois « libre et éclairé » sur ses informations personnelles et l’usage qui en est fait en ligne. Le texte propose ainsi de rendre obligatoire « une information claire, accessible et spécifique » en direction des internautes sur la durée de conservation, ainsi que le but de la collecte de leurs données personnelles. Le texte préconise « l’exercice plus facile du droit à la suppression des données » en le rendant gratuit et faisable par voie électronique.
L’autre mesure phare de cette proposition de loi consiste à créer un « droit de suppression des données », permettant à tout internaute de demander l’effacement des données le concernant au sein d’une entreprise. Ce droit de suppression s’appliquerait après la collecte des données par l’entreprise. Il se distinguerait donc du « droit d’opposition commerciale », qui permet déjà à toute personne d’interdire la transmission de données le concernant à une entreprise tierce.
Le texte entend également clarifier le statut de l’adresse IP en la considérant comme une donnée à caractère personnel.
- L’atelier « Droit à l’oubli numérique » : vers une charte commune
Le 12 novembre 2009, Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique organisait dans les locaux de Science Po Paris un atelier intitulé « Droit à l’oubli numérique ».
Cet atelier visait à donner des orientations pour que l’internaute garde le contrôle de l’information qu’il diffuse sur Internet.
Deux tables rondes étaient organisées, abordant successivement l’oubli des traces et l’oubli des données publiées volontairement.
La première table ronde rassemblait des avocats et juristes, ainsi que des professionnels de l’Internet. On a ainsi pu noter au travers des annonces faites par Google et Microsoft une évolution des pratiques professionnelles vers une plus grande transparence. Citons l’exemple du Dashboard de Google.
Le souci de la protection de la vie privée semble être intégré dès à présent lors de la conception des outils.
La deuxième table ronde a notamment permis d’entendre la position des professionnels du recrutement. Divers témoignages ont démontré la difficulté de protéger les internautes des données publiées sur des plateformes hébergées pour l’essentiel en dehors des juridictions européennes. L’impuissance du législateur à faire évoluer ce problème a également été déplorée.
Lors de cet atelier de novembre 2009, la Secrétaire d’État a annoncé le lancement d’une vaste consultation nationale auprès des professionnels comme du grand public. L’objectif étant d’aboutir avant la fin du premier trimestre 2010 à une charte commune d’engagements visant à renforcer le respect de la vie privée sur Internet.
- Alex Türk (CNIL) et le droit à l’oubli numérique inscrit dans la Constitution ?
Lors de cet atelier de novembre 2009, le Président de la CNIL, Alex Türk, a quant à lui demandé la « reconnaissance d’un droit constitutionnel à l’oubli » qui protégerait notamment le droit à l’intimité de chacun. « Si dans les réseaux, on peut entrer dans votre intimité sans votre accord, la vie devient insupportable » a-t-il expliqué.
Le président de la CNIL a également précisé que d’après lui, une loi ne suffira pas… « C’est un début, mais il est indispensable d’engager des négociations sur le sujet entre Etats-Unis et Union européenne pour aller vers un dispositif global. Il faudrait également mettre en place des actions de contrôle judiciaire chez les acteurs de l’Internet. Par exemple, si Facebook annonce qu’il retire votre profil, un organisme comme la CNIL doit pouvoir contrôler si tel est le cas. »
- Une charte pour les recruteurs
Suite à l’atelier sur le droit à l’oubli numérique du 12 novembre 2009, et au sondage réalisé pour CareerBuilder, le Medef, l’APEC, Syntec Recrutement, Viadeo et plusieurs associations ont signé le 14 novembre 2009 une charte intitulée « Réseaux sociaux, Internet, vie privée et recrutement ».
Cette charte fut notamment initiée par l’association « A compétence égale », une structure ayant pour vocation de lutter activement contre tout type de discrimination à l’embauche et d’assurer la promotion de l’égalité des chances et de la diversité dans le conseil en recrutement.
Initiatives en Europe et à l’échelle internationale
Différentes initiatives ont été prises sur la question du droit à l’oubli numérique et de la protection des données personnelles.
- Une journée européenne de sensibilisation
Depuis 2007, le 28 janvier a été proclamé « Journée européenne de la protection des données à caractère personnel ».
Il s’agit d’une initiative du Conseil de l’Europe relayée par la Commission européenne afin de sensibiliser les citoyens européens sur l’importance de la protection de leurs données personnelles et du respect de leurs libertés et droits fondamentaux, en particulier de leur vie privée.
- EuroPriSe, vers un label transeuropéen
« European Privacy Seal - EuroPriSe » (www.european-privacy-seal.eu) est un projet de label européen de protection des données personnelles qui propose d’établir un processus d’évaluation européen permettant de certifier la conformité de produits ou de services informatiques avec la réglementation européenne sur la protection des données personnelles.
Le label est attribuable à l’issue d’un processus d’évaluation qui se découpe en deux étapes spécifiques : d’abord une évaluation du produit ou du service par des experts légaux et techniques reconnus, ensuite une validation du rapport d’évaluation par un organisme de certification accrédité.
La présence du label européen sur un produit ou un service est le signe qu’il a été vérifié et approuvé par un organisme indépendant de protection des données et sert de gage de confiance.
En conséquence, le label est à la fois une initiative renforçant la protection des consommateurs et un argument commercial fort pour les fabricants et les fournisseurs.
Le Consortium EuroPriSe est mené par le Centre Indépendant pour la Protection des Données Personnelles du Schleswig-Holstein (ICPP/ULD) en Allemagne. Issus de 8 pays européens, les partenaires incluent les autorités de protection des données de Madrid et de France (CNIL).
A titre d’exemple, le label EuroPriSe a été décerné au moteur de recherche Ixquick. Ixquick propose des services de recherche sur Internet avec des garanties fortes sur la protection des traces, notamment par l’absence de cookies traceurs et par une durée de rétention des adresses IP limitée à 48 heures (par opposition aux 9 mois de conservation de Google).
La régie publicitaire WunderLoop a également fait l’objet d’une expertise indépendante et s’est vue décerner le label (Source). Ce qui souligne la conformité du service aux principes des directives européennes en matière de protection des données à caractère personnel.
- Une résolution, premier pas vers une législation internationale
La 31ème Conférence Internationale « Informatique et libertés », organisée à Madrid du 4 au 6 novembre 2009, a également permis d’aborder la question du droit à l’oubli sur Internet. Les représentants de près de 80 autorités de protection des données, parmi lesquelles la CNIL, ont voté à l’unanimité une résolution visant à établir des standards internationaux sur la protection des données personnelles et de la vie privée.
Lors de la cérémonie d’ouverture de la quatrième édition du Forum sur la Gouvernance de l’Internet - FGI, organisée à Charm el Cheikh (Egypte) les 14 et le 15 novembre 2009, Nathalie Kosciusko-Morizet a plaidé pour une harmonisation de la protection des données personnelles et pour la mise en place d’un droit à l’oubli. « Pour cela, j’invite tous ceux qui le souhaitent à former un groupe de suivi de cette question au sein du FGI. De plus, je propose d’accueillir en France en juin 2010 une réunion multi-acteurs sur le sujet, afin de progresser dans la mise en œuvre de ce droit à l’oubli sur Internet » a-t-elle déclaré.
Des avis partagés…
Cependant, les avis sont partagés sur le fait de mettre en place ou non un droit à l’oubli numérique.
Pour certains, le droit à l’oubli numérique peut nuire à la liberté d’expression.
Jean-Marc Manach, journaliste et blogueur invité du Monde.fr (http://bugbrother.blog.lemonde.fr), fervent défenseur des libertés individuelles, s’inquiète de la direction que prend le débat sur le droit à l’oubli numérique. Il affirme que « ce droit à l’oubli risque d’entraîner une diabolisation d’Internet, assimilé à un nouveau Big Brother ». « Je crains notamment que l’on assimile les données personnelles que l’on a le droit de retirer de la circulation, et les propos tenus par d’autres à son encontre », explique-t-il. Il ajoute « Et quand j’entends « droit à l’oubli » j’ai envie de répondre « droit de lire », « droit d’écrire », et « liberté d’expression »… On pourrait aussi renverser la balance et parler de « devoir de mémoire »… ».
D’autres acteurs du débat convoquent la notion de « devoir de mémoire », comme Alain Bensoussan du cabinet Bensoussan et associés (www.alain-bensoussan.com). Lors de sa participation à l’atelier du 12 novembre 2009, il a ainsi défendu son point de vue en expliquant que « chacun doit être archiviste de son passé, sous réserve du devoir de mémoire ».
Finalement, il convient de veiller à ce que le droit à l’oubli numérique ne fasse pas obstacle au devoir de mémoire, ni à la liberté d’expression, mais s’adapte aux différentes législations (française, européenne, américaine…).
Sources :
- Article « Le droit à l’oubli numérique : enjeux et perspectives » par Myriam Quéméner, Magistrat : www.legalbiznext.com
- Article « Droit à l’oubli numérique » par Ghislain Chasme : http://docsdocs.free.fr
- Article Wikipédia sur la « Journée européenne de la protection des données à caractère personnel » : http://fr.wikipedia.org
- Communiqué de presse de l’étude réalisée par Harris Interactive pour CarrerBuilder.com de mai à juin auprès de 2667 employeurs américains : www.careerbuilder.com
- Discours de la Secrétaire d’Etat à la Prospective et du Développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, pour la cérémonie d’ouverture du 4ème Forum mondial sur la gouvernance de l’Internet le 15 novembre 2009 à Charm el Cheikh (Egypte) : www.strategie.gouv.fr
- Article de la CNIL « Protection de la vie privée : un premier pas vers les standards internationaux » à propos de la 31ème Conférence Internationale « informatique et libertés » : www.cnil.fr
- Article de Laure Bretton pour Reuters « L’oubli numérique, futur droit constitutionnel ? » : http://fr.reuters.com
- Rubrique « Vos traces » sur le site internet de la CNIL : www.cnil.fr
- Article de la CNIL « Internet sans trace, ça n’existe pas ! » : www.cnil.fr
- Article de Yann Padova, Secrétaire général de la CNIL, « Pas de liberté sans droit à l’oubli dans la société numérique » : www.cnil.fr.
S’amuser en apprenant, ou apprendre en s’amusant : Gros plan sur les Serious Games
Le 23 novembre prochain, aura lieu à Lille Grand Palais la seconde édition des E-virtuoses, convention annuelle des producteurs de Serious Games. Parallèlement à cet évènement, deux Appels à projets (aux niveaux national et régional) ont été lancés cet été sur le thème des Serious Games. Les Serious Games ont le vent en poupe ! L’occasion pour Insite de s’attarder sur ces jeux vidéos d’un nouveau genre…
:: Que signifie « Serious Game » ?
Serious Game se traduit en français par « jeu sérieux ». Il s’agit d’une application informatique qui combine une intention sérieuse, de type pédagogique, informative, communicationnelle, marketing, idéologique ou d’entraînement, avec des ressorts ludiques issus du jeu vidéo ou de la simulation informatique. La vocation d’un Serious Game est donc de rendre attrayante la dimension sérieuse par une forme, une interaction, des règles et éventuellement des objectifs ludiques.
Généralement, les Serious Games sont diffusés sous forme de logiciels mis gratuitement à disposition par leur créateur (gratuiciels). En effet, la stratégie de diffusion de ces jeux est basée sur le marketing viral et les budgets de réalisation sont peu élevés.
:: Retour sur l’histoire des Serious Games
Le Serious Game naît véritablement dans les années 90, bien qu’il soit déjà présent dès les débuts du jeu vidéo dans les années 80. Le terme de Serious Game ne sera utilisé pour la première fois qu’en 2002 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. A l’origine, il s’agissait de didacticiels conçus pour des utilisations internes au sein d’entreprises et d’institutions.
La Défense fut le domaine d’application des premiers Serious Games, et reste aujourd’hui encore un de ses principaux financeurs. Un des plus anciens Serious Game, Army Battlezone, a presque 30 ans…L’entreprise américaine Mindscape fut une des premières à se lancer sur le marché des Serious Games avec des jeux ludo-éducatifs comme Adibou ou Les Incollables.
L’année 2009 marque un pas dans l’histoire des Serious Games. En effet, l’explosion du marché des Serious Games éducatifs a permis aux jeux sérieux de gagner en notoriété et d’être mieux considérés par le milieu professionnel.
:: A chacun son Serious Game
Les Serious Games sont utilisés dans de nombreux domaines comme
la Défense (America’s Army), la Santé (Happy Night), le marché de l’emploi (Technocity), l’écologie (Ecoville), la politique (September the 12th), l’humanitaire (Stop the disasters, Darfur Is Dying), la publicité, la religion, l’art...
Les universitaires Julian Alvarez et Olivier Rampnoux proposent de classer les Serious Games en cinq grandes catégories suivant leur domaine d’apprentissage : Advergaming, Edutainment, EduMarket Game, Jeux engagés ou détournés, et Jeux d’entraînement et simulation.
Advergaming : Ce néologisme regroupe les termes anglais « advertisment » (publicité) et « gaming » (jouer), et permet de regrouper les jeux destinés à la publicité.
Les annonceurs de l’agro-alimentaire et de la grande distribution sont les principaux utilisateurs d’advergames. Mais la technique peut servir à de nombreux autres acteurs, comme les associations. MTV a par exemple créé un jeu en association avec la Reebok Human Rights Foundation et l’International Crisis Group, intitulé Darfur is Dying. Ce jeu place l’internaute dans la peau d’un réfugié du Darfour. Entre les phases de simulation (aller chercher de l’eau, éviter de se faire capturer par les miliciens Janjaweed, se rendre au dispensaire…), l’internaute obtient des informations sur la crise du Darfour, les conditions de vie des réfugiés, et il est invité à s’engager de différentes manières (envoyer un mail au président Bush, devenir membre d’Amnesty International…).
Edutainment : Ces jeux ont principalement une vocation éducative. Le néologisme regroupe « education » et « entertainment » qui signifie enseignement.
Exemple récent, le jeu Donjons et Radon, un des lauréats de l’Appel à projets national lancé en mai dernier, est développé par la société AD Invaders, l’Université Paris VI et le Rectorat de Créteil. Dans ce jeu de rôle, les collégiens sont invités à utiliser la science physique pour progresser. Réalisé avec l’aide d’enseignants, le projet doit intégrer les programmes des classes de cinquième, quatrième et troisième.
Au rayon des jeux ludo-éducatifs, on trouve également des jeux à destination des collégiens et lycéens, pour les sensibiliser à certains métiers spécifiques comme ceux du Bâtiment ou de l’Ingénierie.
EduMarket Game : La sensibilisation sur des enjeux sociaux et économiques est au cœur de ces jeux sérieux. Le néologisme « Edumarket game » vient de l’anglais « edu » (éducation), de « market » (marché) et de « game » (jeu) et pourrait se traduire par « jeu dont l’intention est d’éduquer sur un type de marché ».
Citons l’exemple du jeu Food Force, lancé par les Nations Unies en 2005. Ce jeu est en libre accès sur le Web, avec des localisations par pays (Italie, France, Pologne, Chine, Japon…). Sa vocation est de sensibiliser les enfants aux missions humanitaires que mènent les Nations Unies dans leurs combats quotidiens contre la famine.
Jeux engagés ou détournés : Créés par des amateurs, ces jeux ont pour objectif de détourner les règles classiques des jeux vidéos, les graphismes d’enseignes connues (par exemple Mac Donald), ou de dénoncer l’inefficacité de certaines actions politiques, des problèmes d’ordre géopolitique.
Olivier Mouco, chercheur spécialisé sur le thème du jeu dans la société, oppose aux jeux de dénonciation et de contestation conçus par des amateurs, les jeux vidéo politiques créés par des instances internationales (ONU) ou des Ministères (Cyberbudget, proposé par le Ministère du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat) qui sont utilisés comme des « éléments de promotion et de valorisation » de leurs politiques.
A l’inverse, les jeux d’amateurs dénoncent certaines des actions menées par les instances politiques internationales ou nationales. C’est le cas du jeu September 12th, un des premiers jeux engagés créés par des amateurs. Désignée comme étant une simulation, cette application met en scène une ville du Moyen-Orient où se promènent des habitants. Parmi eux courent des terroristes armés de fusils. L’utilisateur peut décider de tirer un missile à tout moment. L’intention de l’auteur est d’inciter l’utilisateur à tuer les terroristes. Lorsque le missile est lancé, la surprise est de taille : en explosant, l’engin mortel détruit des habitations et génère des « dommages collatéraux ». Les proches des victimes viennent alors pleurer sur la dépouille des défunts et se transforment à leur tour en terroristes. Si l’utilisateur continue de tirer, il génère ainsi de nouvelles victimes et donc de nouveaux terroristes. Le message que tente ainsi de communiquer l’auteur est que « la violence engendre la violence ».
Jeux d’entraînement et simulation : L’objectif de ces jeux est de permettre à l’utilisateur de s’entraîner à exécuter une tâche ou une manœuvre donnée, ou d’étudier un phénomène s’inspirant du réel, reproduit dans un environnement virtuel.
De nombreux secteurs d’activité (défense, santé, banque…) se tournent vers ce type de Serious Game. C’est le cas de Thales, avec le jeu de gestion et de stratégie Moonshield. A l’aide des technologies Thales, le joueur doit empêcher une pluie de météorites de détruire la Lune.
BNP Paribas a elle aussi fait le pari du Serious Game en mettant en ligne en mars 2009 son propre jeu, intitulé Starbank. Il s’agit ici de reconstruire une cité spatiale abandonnée en 2505. Pour la faire prospérer, le joueur doit mettre en place une banque et la développer, en proposant des services et en s’adaptant aux besoins de la clientèle.
:: Un marché qui se développe
En France, le marché des Serious Games est embryonnaire, contrairement aux Etats-Unis qui a misé très tôt sur ces potentialités. Mais depuis quelques années, la France tente de rattraper son retard, notamment avec l’aide de l’Etat et des collectivités territoriales.
Doté de 20 millions d’euros, l’Appel à projets lancé le 6 mai 2009 par la Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du développement de l’économie numérique, Nathalie Kiosciusko-Morizet, va permettre au marché français de décoller davantage (48 projets retenus).
L’Appel à projets du Pôle Images Nord-Pas de Calais a quant à lui pour vocation de « soutenir l’écriture, le développement et la production d’œuvres produites sur le territoire régional », ce qui permettra à la Région de devenir précurseur dans le domaine des Serious Games. Sur les 29 projets présentés, le comité de sélection réuni le 14 septembre 2009, en a retenu 12.
:: Intérêts et limites
L’intérêt principal des Serious Games est d’apprendre tout en s’amusant. La dimension ludique des jeux est primordiale. Ils permettent de sensibiliser des publics auparavant difficiles à atteindre (enfants, adolescents, étudiants). On constate ainsi l’importance des jeux de sensibilisation qu’ils soient humanitaires, professionnels, écologiques ou sociétaux.
De nombreuses entreprises voient également dans le Serious Game un nouvel outil de promotion ou de formation. Ils sont d’autant plus intéressants qu’ils nécessitent peu d’investissements et peuvent être mis en place rapidement.
Si les Serious Games présentent un risque, c’est bien celui de ne pas être pris au sérieux. En effet, à trop assimiler les jeux vidéo à la distraction, on a tendance à les généraliser et à n’en voir qu’un intérêt : celui de s’amuser bien plus que d’apprendre… Même si leur contenu est riche, une heure de jeu reste toujours moins instructive qu’une heure de cours théorique. L’apprentissage se révèle plus long et d’un certain point de vue moins complet.
Encore relativement peu connus du Grand Public, les jeux sérieux gagnent en notoriété dans la sphère professionnelle. Les évènements sur le sujet se multiplient à travers le monde (Amérique du Nord, Europe…). Pour en savoir plus et rencontrer concepteurs, commanditaires et autres acteurs du Serious Game, rendez-vous le 23 novembre 2009 à Lille pour les « E-Virtuoses » ou le 3 décembre à Lyon pour la « Serious Game Expo » !
:: Sources et pour aller plus loin
- Site des « E-Virtuoses » de Lille : www.e-virtuoses.net
- Site de la « Serious Game Expo » de Lyon : www.sgexpo.fr
- Liste des projets retenus « Serious Game » par la Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du développement de l’économie numérique : www.telecom.gouv.fr
- Liste des projets retenus « Serious Game » par le Pôle Images Nord-Pas de Calais : www.pole-images-nordpasdecalais.com
- Article « Jeu sérieux » de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org
- Article « Serious Game ou comment sont détournés les jeux vidéo » paru dans le VEN n°531 de Julian Alvarez, Laboratoire IRIT et LARA, Université de Toulouse ,Christian Gautellier, Ceméa, et Olivier Rampnoux, Centre européen des produits de l’enfant, Université de Poitiers : www.cemea.asso.fr
- Article « Les Serious Games, un outil d’éducation méconnu en France » : www.generationcyb.net
- Article d’Olivier Mauco « Les political video games : entre discours militant et outil de communication politique » : www.omnsh.org
- Blog d’Olivier Mauco, chercheur spécialisé dans la place des jeux vidéos dans la société : www.gameinsociety.com
- Blog consacré au Serious Game : www.serious-game.fr
- Blog magazine sur le Serious Game de l’IUT de Chambéry : http://sgmag.mysterarts.com
- Dossier sur les jeux sérieux sur le site « Enseigner les technologies de l’information et de la communication » du Ministère de l’Education Nationale et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : www.educnet.education.fr
- Ouvrage de ALVAREZ Julian, Du Jeu vidéo au Serious Game : approches culturelle, pragmatique et formelle. Thèse spécialité science de la communication et de l’information. Toulouse : Université de Toulouse II (Le Mirail), Université de Toulouse III (Paul Sabatier), décembre 2007, 445 p.
Twitter : What are you doing ?
Depuis quelques mois, vous entendez régulièrement parler de « Twitter », ce service de réseau social lancé en mars 2006 par la société américaine Obvious. Avec plusieurs millions de comptes utilisateurs dans le monde, Twitter ne cesse de faire des émules. Les « gazouillis » de l’oiseau bleu sont de plus en plus nombreux sur la Toile… Mais qu’est-ce que Twitter exactement ? Comment l’utiliser ? Quels avantages et risques présente ce nouvel outil de communication ? Quelles influences peut-il avoir sur vos interactions professionnelles et personnelles ?
Insite vous propose de décrypter le sujet.
:: L’Historique de Twitter
Twitter a été créé au sein d’Odeo Inc., une start-up de San Francisco dont la principale activité reposait sur une plate-forme d’hébergement, de diffusion et d’enregistrement de podcasts.
En 2006, Odéo Inc. décide de développer un nouveau service permettant aux utilisateurs de décrire ce qu’ils sont en train de faire via SMS. Ouvert au public le 13 juillet 2006, la première version s’intitule « Stat.us » puis « Twittr » (en référence au site de partage de photos « Flickr »). Le service est ensuite rebaptisé « Twitter », son nom actuel.
Le 25 octobre 2006, les actifs de la société Odeo Inc. sont rachetés par Obvious Corp. Puis en avril 2007, la société indépendante Twitter Inc. est créée. Elle compte aujourd’hui 29 employés.
:: Un service en plein essor
En l’espace de quelques mois, Twitter est devenu un phénomène médiatique sur Internet. Poussé par quelques influents sur le Web, le service de réseau social élargit chaque jour sa communauté.
En mars 2009, Nielsen indique que Twitter est le site de la catégorie des sites communautaires qui a connu la plus forte croissance dans le monde au cours du mois de février.
En France, Twitter a fait l’objet d’une couverture médiatique particulièrement importante au cours des premiers mois de l’année 2009 (Slate). Médiamétrie précise que le terme aurait été tapé 65 000 fois en mars, 158% de plus qu’en février…
Les utilisateurs de Twitter, principalement des adultes trentenaires urbains, se comptent désormais par millions. Il est difficile d’avancer des statistiques précises car la Société Obvious Corp divulgue peu ces données. Les chiffres annoncés sont sans cesse fluctuents.

:: Qu’est-ce que Twitter ?
Le principe simpliste de Twitter réside dans son slogan : « What are you doing ? » (« Que faites vous ? »). Il s’agit d’un outil de réseau social et de micro-blogging qui permet à l’utilisateur de signaler à son réseau « ce qu’il est en train de faire ».
Twitter ne présente pas de révolution technique majeure. Au contraire, l’outil est pratique et simple d’utilisation. Il repose sur l’envoi gratuit de messages appelés « tweets » (« gazouillis » en français), via le site web de Twitter, via votre téléphone portable par SMS, via une messagerie instantanée de type Google Talk, ou encore via des logiciels/sites Internet tiers basés sur l’API libre de Twitter.
Les « tweets » ont la particularité d’être très courts, d’une longueur maximale de 140 caractères (soit 1 ou 2 phrases). Ils renvoient généralement vers un lien pour en savoir davantage.
Twitter offre ainsi la possibilité de communiquer de manière brève et spontanée. Il permet de partager avec d’autres internautes une information, une photographie, un lien, une remarque, de manière instantanée. Il permet de diffuser des contenus, de rechercher des informations, de suivre une actualité, en temps réel.
La différence entre Twitter et un blog traditionnel réside dans le fait que Twitter n’appelle pas directement une participation à commenter les messages postés. Le principe de Twitter est de relater ce qu’on fait au moment où on écrit le message.
Twitter n’apparaît pas non plus comme un service de courrier électronique ou de messagerie instantanée. Ce n’est pas un forum de discussion ou un outil de clavardage. Ce n’est pas un moteur de recherche, un site de nouvelles, ou un outil de type Facebook …Twitter, c’est un peu tout cela en même temps !
:: Comment l’utiliser ?
Pour utiliser Twitter, il convient tout d’abord de s’inscrire (gratuitement) sur le site http://twitter.com (précisons que l’interface originelle de Twitter est en anglais - depuis avril 2008, une version japonaise est disponible). Le site vous accorde alors une adresse (du type http://twitter.com/Insite) où déposer vos messages depuis votre ordinateur ou votre téléphone portable (et que vous lirez depuis votre ordinateur ou votre téléphone portable).

Comme sur tout autre réseau social, une fois inscrit sur le site, il convient de se constituer une liste de contacts - soit en les important directement depuis ses comptes de messageries (par exemple Gmail, Yahoo, etc) ; soit en les cherchant directement sur la plateforme Twitter (« Find on Twitter »).
Une fois ces contacts trouvés, il suffit de cliquer sur « Follow ».
Vous pouvez décider que vos messages postés seront lus par tout le monde (si vous spécifiez votre compte en mode public) ou uniquement par votre réseau (si votre compte est en mode privé).
Bien sûr, vous pouvez vous créer plusieurs identités, donc gérer plusieurs pages, certaines publiques et certaines privées.
Parallèlement, vous choisissez les membres de Twitter dont vous voulez suivre les publications, et ces membres peuvent vous ajouter également en retour dans leur propre réseau.
A travers vos « tweets », Twitter vous permet donc de communiquer aux personnes qui vous « suivent » ce que vous faites au moment ou vous écrivez (accessible depuis votre téléphone mobile, ce service s’avère donc plutôt utile pour les personnes souhaitant rester en contact sans avoir à se téléphoner pour poser les sempiternelles questions « Qu’est ce que tu fais ? », « T’es où ? », etc).
Dans le même temps, vous pouvez suivre les messages publiés par les personnes que vous « suivez ». En inscrivant des profils Twitter comme « followings », vous êtes informé en temps réel, sur votre page Twitter, de l’actualité se rapportant à tel ou tel sujet (par exemple http://twitter.com/lesjeudis, qui diffuse des offres d’emplois dans le secteur de l’informatique).
Notez que d’après Hubspot, une personne « suit » environ 70 autres personnes (c’est à dire qu’elle reçoit les messages postés par 70 utilisateurs de Twitter), seuls 5% des utilisateurs ont plus de 250 « suiveurs », et 0,8% plus de 1000.
L’effet « ricochets » offert par Twitter peut s’avérer particulièrement efficace. Prenez l’exemple d’une personne d’influence, « suivie » par des centaines d’autres. Lorsque cette personne poste un « tweet » et que chacun de ses « suiveurs » « twittent » à leur tour ce message à leurs « suiveurs », et ainsi de suite, la propagation de l’information se réalise particulièrement rapidement !
Pour utiliser correctement Twitter, il convient de maîtriser un peu de vocabulaire :
-
Les « followers » sont les personnes (« profils » ou « twittos » dans le langage Twitter) qui lisent vos messages ;
- Les « followings » sont les personnes dont vous lisez les messages ;
- Les « friends » (amis) sont les personnes que vous lisez et qui vous lisent.
Il convient également de mémoriser quelques codes :
-
Dans un message, un dièse avant un sujet (exemple « #hadopi : fin des débats ») permet de s’inscrire dans une conversation commune à plusieurs internautes ;
- Quand dans un message le @ précède le nom d’un contact, il s’agit d’une réponse à la personne en question ;
- De la même manière, les initiales « RT » (« ReTwitte ») désigne un message que l’on fait suivre ;
- Enfin, quand une personne demande à être contactée par « DM » (« Direct Message »), cela signifie qu’il souhaite une réponse privée.
:: Quels sont les usages offerts par Twitter ?
Au départ, Twitter ne présentait un intérêt que pour les groupes d’amis souhaitant être constamment en contact. Cependant, l’évolution du réseau social a laissé la place à bien d’autres fonctions. Le but premier du service ayant été rapidement détourné, il existe au final autant d’usages différents que d’utilisateurs… Et de nouveaux usages apparaissent chaque jour…
Avec Twitter, l’utilisateur n’est plus placé au centre du contenu, mais c’est bel et bien la vie de l’utilisateur qui devient le contenu ! Certains vont utiliser le service pour se valoriser et décrire leur vie quotidienne dans les moindres détails, d’autres vont l’utiliser comme un système de messagerie instantanée publique, d’autres s’en serviront pour diffuser de la micro information à leur communauté, d’autres l’utiliseront à des fins professionnelles, etc.
Essayons de décrire les différents usages possibles de Twitter, et donc les profils des utilisateurs de ce média viral de messages courts :
- Faire partager sa vie quotidienne à sa communauté : Des utilisateurs se servent de Twitter pour partager les détails de leur vie quotidienne (où ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils mangent, etc). La notion de « web-réalité » prend alors tout son sens. Nous percevons ici un certain penchant exhibitionniste (en dévoilant tous les détails de sa vie), et un certain penchant voyeuriste de la part de la communauté qui suit cet utilisateur pour tout savoir sur sa vie. Cette utilisation est la plus répandue (l’outil ayant été créé pour cela), mais certainement la moins intéressante… Twitter se place ici dans la continuité logique du « phénomène des blogs » (voir à ce sujet la Newsletter Insite de mai 2005), avec la même similitude dans l’appropriation personnelle de l’usage que l’on peut en faire.
- Communiquer publiquement, comme avec une messagerie : Des internautes utilisent Twitter pour communiquer avec d’autres membres de leur communauté sur des sujets assez légers et non privés (rappelons que derrière le mode public se cache une indexation systématique de tout ce qui est publié sur les comptes Twitter, et donc potentiellement la possibilité de retrouver ce qui a été dit). Dans ce cas, Twitter s’ajoute aux autres modes de communication existants (de type Skype, etc). Il offre la possibilité d’élargir son réseau, de communiquer avec d’autres communautés.
- Signaler sa présence et sa disponibilité : Certains utilisateurs se servent de Twitter uniquement pour signaler s’ils sont, ou non, disponibles pour une interaction. Un service qui apparaît complémentaire aux messageries instantanées (qui signalent les états de connexions) mais à plus grande échelle.
- Suivre en direct des événements : Depuis l’avènement du blogging, de nombreux internautes ont pris l’habitude de blogger en direct lors d’évènements (conférences, séminaires, expositions, etc). Une tendance accentuée par le développement du Wifi.Des utilisateurs se servent ainsi de Twitter comme d’une plateforme de micro-blogging pour diffuser rapidement et de manière soutenue des informations, sans avoir à les détailler.
- Trouver une alternative à un blog : En parallèle de leurs billets habituels, des utilisateurs se servent de Twitter pour publier de l’information sur leur blog (après installation d’un widget adéquat). Twitter permet ainsi de micro-blogger de l’actualité rapidement, de démarrer un « buzz », sans avoir à détailler le tout dans un billet complet.
- Gérer ses favoris publiquement, de manière éphémère : Il existe des services de gestion de favoris en ligne (de type del.icio.us - voir à ce sujet la Newsletter Insite de février 2006) qui permettent de mémoriser et de classer des adresses de sites web, de blogs, d’articles, etc, jugés intéressants, de manière à pouvoir les retrouver plus tard et les diffuser.
Certains utilisateurs se servent de Twitter dans ce but. L’outil permet en effet de diffuser rapidement et facilement à sa communauté une information récemment découverte. Il ne s’agit pas de publier tous les éléments, mais de trier l’information pour n’en proposer que l’essentiel.
C’est de cette manière que se créent les « buzz » sur Internet. Sur la plupart des sites web 2.0, un petit icône Twitter (« t ») vous permet de « twitter » l’article que vous lisez et de le partager avec les personnes qui vous « suivent ». Notez que certains sites utilisent également le petit oiseau bleu comme icône.
En tant qu’internaute, il suffit de « suivre » quelques passionnés pour être tenus au courant des derniers articles ou liens intéressants publiés. Twitter permet de découvrir des informations inédites. A condition de « suivre » les bonnes personnes…
- Générer du trafic sur son site web : En tant que blogger ou webmaster, Twitter apparaît également comme un moyen utile pour obtenir des visites sur son site. Pour peu qu’un de vos articles soit « twitté » par un individu, l’article en question sera également lu par les « suiveurs » de cette personne. Cet effet ricochet est d’autant plus fort si vous êtes « twitté » par quelqu’un d’influent. En outre, si un sujet intéresse un individu, il y a de fortes chances que celui-ci plaise également à une grande partie de ses « suiveurs », et ainsi de suite…
- Interroger la communauté : Des utilisateurs disposent, grâce à Twitter, d’une plateforme de diffusion rapide d’une question, et donc potentiellement d’une réponse fournie par les personnes qui les « suivent ». Contrairement aux messageries instantanées, Twitter permet d’interroger de nombreuses personnes en même temps.
- Initier une réflexion sur un sujet donné : Certains utilisateurs (mais ils sont moins nombreux…) utilisent Twitter pour initier des réflexions de fond, lancer des débats, etc.
-Etc.
Au-delà de sa vocation première d’outil de connexion sociale à des fins personnelles, Twitter est de plus en plus utilisé à des fins professionnelles (par les médias, des entreprises, des collectivités territoriales, des politiques, des célébrités, etc).
En ce qui concerne la sphère des médias, il est indéniable que Twitter modifie actuellement le paysage médiatique et les processus de diffusion de l’information.
Twitter s’avère être un moyen efficace pour accèder et faire circuler l’information plus dynamiquement que par les médias traditionnels. Il est vrai que la rapidité de diffusion des informations en fait un outil de veille incomparable sur des thèmes d’actualité (en témoigne le moteur de recherche http://search.twitter.com qui affiche comme résultats des « tweets » datant seulement de quelques secondes - ce qui ne garantit toutefois pas leur pertinence…).
Twitter présente ainsi une vraie utilité informationnelle pour le monde des médias. Sa dimension sociale et l’instantanéité des publications en fait un outil de communication multimédia très réactif (même si la rapidité de diffusion des informations peut parfois questionner leur véracité…).
Des médias comme le New Yorks Times ont récemment recruté des rédacteurs en chef spécialisés sur les réseaux sociaux (et notamment Twitter). Leurs missions : trouver des sources, dépister des tendances, diffuser des informations et en collecter.
Certains journaux d’informations, comme CNN ou BBC, utilisent un robot pour envoyer des flashs d’information sur Twitter. Le New York Times possède 1 million de « followers » (« suiveurs »). Le fil sur les technologies du Guardian rassemble 600 000 abonnés - à comparer avec la diffusion papier (400 000 exemplaires). En France, Le Monde et Le Figaro rassemblent environ 1600 « followers ». L’Express quant à lui encourage ses journalistes à « twitter » sous leur nom ou leur pseudonyme.
Souvent, ces fils fournissent des liens vers les sites d’information et attirent des visiteurs. Certains médias mettent également des fils spécifiques pour couvrir des événements (Arte pour le Festival de Cannes par exemple).
Si Twitter s’avère être un moyen de diffusion de l’information utile pour les médias, il est aussi utilisé comme une source d’informations efficace.
Twitter est devenu un outil de veille ou d’appel à témoins utiles pour les journalistes. Certains médias n’hésitent pas à solliciter les usagers pour collecter de l’information en un temps record (cela se nomme le « crowdsourcing » ou « approvisionnement par la foule »). Au risque que les journalistes se reposent un peu trop sur leurs réseaux Twitter, sans investiguer sur le terrain…
Certaines plateformes d’actualité ne veulent plus se contenter des articles de presse pour alimenter leurs pages. Certaines d’entre elles (comme Google News ou Consort par exemple) souhaitent désormais intégrer Twitter à leurs flux. Bien évidemment, tous les « tweets » ne seront pas indexés, seulement ceux de quelques personnalités sélectionnées pour leur sérieux et leur influence.
Précisons que la mise à jour continue des micro-blogs de Twitter (qui sont en mesure d’offrir des réactions instantanées aux événements) menace parfois de surpasser la couverture médiatique traditionnelle de nouvelles importantes.
En témoigne l’exemple des manifestants iraniens ayant utilisé Twitter pour organiser des marches contre ce qu’ils qualifiaient d’élection injuste. Pour les occidentaux, la Toile iranienne est devenue une source d’information privilégiée, notamment après l’expulsion de journalistes venus couvrir le scrutin. Lors de la crise en Iran, de nombreux américains insatisfaits de la couverture médiatique offerte par les chaînes d’information télévisées préféraient s’informer via Twitter.
Plus récemment, lors de la mort de Mickaël Jackson, certains admirateurs ont pu se rendre rapidement à l’Hôpital où la star avait été transportée, parce qu’ils avaient appris la nouvelle sur Twitter, avant qu’elle ne soit diffusée via les médias traditionnels.
De nombreux utilisateurs ont pris l’habitude de se rendre prioritairement sur Twitter lorsqu’une nouvelle est annoncée, pour y trouver davantage de réactions, de liens.
Néanmoins, les médias traditionnels semblent conserver le monopole de la crédibilité. En effet, les messages directs, diffusés quasi instantanément via Twitter, s’avèrent souvent moins fiables que les nouvelles transmises par les sources reconnues. Les informations relayées d’un utilisateur à l’autre circulent souvent trop rapidement pour être vérifiées… Comme le précise le site The Inquisitr « l’information fournie par Twitter n’est que primaire, brute et non-filtrée ».
Dans la sphère des entreprises, Twitter bouscule les méthodes traditionnelles du Business et du Marketing.
Les possibilités offertes par l’outil semblent infinies. Il recèle un potentiel appréciable pour trouver de nouveaux clients, améliorer le référencement d’un site internet, garder le contact avec ses prospects, etc.
Comme pour les particuliers, Twitter permet aux entreprises d’élargir leurs réseaux. Il leur permet d’entrer en contact direct avec de nouvelles personnes, de proposer des partenariats, de faire des Relations Presse, de présenter de nouvelles offres, de faire la promotion d‘un nouveau produit, etc.
Comme pour les particuliers, Twitter permet également aux entreprises de faciliter la diffusion d’informations.
Les 140 caractères maximum exigés pour les messages contraignent les responsables Marketing à être plus concis, plus percutants, plus convaincants, dans leurs messages… A dire l’essentiel en peu de mots, en apportant des informations à valeur ajoutée.
Etant donné qu’il devient de plus en plus difficile d’assurer la délivrabilité des emails, qui ont en outre perdu de leur attraction, Twitter apparaît comme une solution alternative idéale (pour envoyer des messages génériques, ou des messages directs personnalisés). Le risque étant que le client ne consulte son compte Twitter que de manière sporadique, ou que le message se perde dans la masse de messages reçus si le client « suit » de nombreuses personnes…
Au-delà des messages très courts, c’est surtout la capacité d’entretenir des conversations avec les clients qui semble le plus bénéfique. Twitter apparaît comme une plateforme de choix pour rester à l’écoute des clients et des utilisateurs, de manière directe et instantanée. Il peut ainsi jouer un rôle d’outil de fidélisation des clients.
Twitter peut également être utilisé comme un outil de veille concurrentielle intéressant, pour « surprendre » des conversations entre utilisateurs. Il peut permettre à une entreprise de mesurer sa qualité de services : les messages postés par des personnes mécontentes offrent à l’entreprise la possibilité de régler des litiges et de limiter la portée de certains problèmes…
L’outil est également utile aux responsables Marketing dans le sens où il permet d’obtenir un pouls rapide sur une question pointue. L’instantanéité de Twitter permet aux entreprises d’interroger les communautés d’utilisateurs, en diffusant une simple idée, un communiqué ou une question, et ainsi de profiter de l’intelligence collective. Les réponses apportées sont ensuite exploitées en conséquence…
Enthousiastes, certaines entreprises encouragent même leurs employés à utiliser Twitter, comme Intranet d’entreprise, ou pour converser avec les clients. Citons l’exemple de Zappos, le site de vente en ligne de chaussures. Sur son site web, Zappos consacre un espace dédié à Twitter (http://twitter.zappos.com). L’internaute y trouve des astuces pour s’initier à Twitter rapidement, la liste des employés utilisateurs de Twitter, les « tweets » des employés, etc.
Comme le précise Wikipédia, « conscients que ces organisations ont découvert une nouvelle façon de communiquer et de découvrir ce qui se passe, les fondateurs de Twitter prévoient de faire payer les entreprises qui utilisent le service en commercialisant des services premium »…
Au sein des collectivités territoriales, certains acteurs se sont également emparés de l’outil. Et les opportunités d’usages sont multiples.
Tout d’abord, une collectivité territoriale peut utiliser Twitter pour organiser sa veille sur le secteur particulier qui la concerne : la sphère publique. Elle peut également rester en veille par rapport aux actualités de ses réseaux, et suivre les « tweets » de ses administrés (notamment les associations).
Au-delà de son utilité en terme de veille, Twitter permet à une collectivité de faire du micro-blogging (pour diffuser une actualité propre, ou en « RSS bis » du site web), et ainsi améliorer sa visibilité.
Une collectivité peut utiliser Twitter pour avertir de la mise à jour de son site ou de ses évènements. Il offre l’opportunité de rediriger l’internaute vers certaines pages du site web de la collectivité, de générer du trafic, de faire un peu de « buzz » autour d’une actualité précise (à condition d’avoir un réseau de « followers » suffisamment conséquent).
La Ville de Rive de Gier est un exemple intéressant à citer puisqu’elle utilise les médias sociaux, et en particulier Twitter, pour permettre au public d’être informé des actualités de la ville et pour développer une communauté d’échanges (http://twitter.com/rivedegier). Le flux Twitter permet à chaque citoyen possédant un compte de recevoir en direct les informations depuis le site internet de la ville. Dans ce cas, la communication est transparente, non maîtrisée mais au moins canalisée.
Citons également l’exemple de la Mairie du 15 ème arrondissement de Paris, qui informe en temps réel ses citoyens des actualités et des événements locaux : http://twitter.com/mairie15
Certains maires utilisent même Twitter pour renforcer leurs présences auprès de leurs concitoyens, pour recueillir des avis sur des projets, etc.
Citons en France l’exemple de M. Fromantin, Maire de Neuilly sur Seine : http://twitter.com/JCFROMANTIN
Plus largement, dans la sphère politique, Twitter a également fait son entrée.
Rappelons-nous l’exemple de Barack Obama qui a utilisé Twitter comme outil médiatique lors de la campagne pour l’élection présidentielle américaine de 2008.
Ou plus récemment, l’exemple du Twitter officiel de la campagne « Europe Ecologie » pour les élections européennes de juin 2009 : http://twitter.com/europeecologie
Twitter modifie également la communication avec le monde du « show-bizz ».
De nombreuses célébrités l’utilisent notamment pour communiquer avec leurs fans, ou démentir les rumeurs dont elles sont victimes dans les médias.
Citons l’exemple du réalisateur américain David Lynch qui converse chaque jour avec ses « suiveurs », pour expliciter ses projets ou livrer des détails de son emploi du temps.
Un autre exemple : la chanteuse Lily Allen, qui tient ses fans informés en temps réel de toutes ses activités, même à l’autre bout du monde.
Dans ce cas, Twitter permet de rentrer en contact avec des personnes qu’il serait impossible de « suivre » autrement…
:: Twitter : Intérêts et limites
Twitter ne laisse personne indifférent. Les critiques, positives comme négatives, fusent…
Nous l’avons observé, les opportunités d’usages offertes par Twitter sont multiples : Se constituer un groupe, transmettre de l’information au sein de ce groupe, rassembler, créer des liens, créer des « buzz », générer du trafic sur son site web, faire de la veille stratégique, du marketing internet, de la gestion de marque, faire de la communication de proximité avec ses concitoyens, etc.
Twitter apparaît comme un service intéressant pour créer ou entretenir un réseau social, amical ou professionnel.
Il est dans tous les cas une véritable plateforme d’expérimentation pour de nouvelles formes de communication (personnelles, médiatiques, politiques, etc).

Mais les détracteurs du service mettent l’accent sur l’absence d’utilités explicites du système. Sont à la fois pointés du doigt une forme de superficialité, de régression technologique, de surgissement intempestif dans le quotidien des gens ou de dépendances.
En permettant à chacun de répondre à tout moment au slogan « What are you doing ? », Twitter augmente le bavardage sur Internet. C’est ce genre de « bruit » souvent sans autre intérêt que très personnel qui détourne certains internautes de réseaux sociaux comme Facebook. Une question se pose alors : Twitter risque t-il d’augmenter la difficulté de s’y retrouver et de trouver sur le Web l’information que l’on cherche ?
Précisons également que, comme pour la plupart des services gratuits du Web 2.0, les conditions d’utilisation de Twitter sont en anglais, assez opaques sur certains points, et gérées par une législation qui n’est pas le droit français. Pour un outil supposé accueillir, transmettre et archiver nos données personnelles, cela peut générer quelques craintes…
D’autant plus que Twitter présente quelques limites en terme de sécurité des données personnelles (failles à répétition, piratages récents de comptes, etc).
:: Conclusion
Twitter : Outil « gadget » et chronophage, ou outil réellement utile et performant ? Nous vous laissons le soin de vous forger votre propre opinion, en fonction de vos modes d’appropriation…
Nous terminerons simplement par une anecdote amusante : Sachez qu’en 1935, les anglais utilisaient déjà une machine qui s’appelait « The notificator ». Installée dans les rues, les magasins, les gares et autres places publiques de Londres, cette boîte ressemblait à un distributeur de bonbons. L’usager écrivait ce qu’il désirait sur une feuille de papier, insérait une pièce dans la fente prévue à cet usage et le message se retrouvait affiché publiquement derrière une plaque de verre pour au moins deux heures. Ce système permettait de laisser un bref message à quelqu’un qui passerait par-là un peu plus tard. Un ancêtre de Twitter en somme, vieux de 75 ans…

:: Sources et pour aller plus loin :
- Webilus - L’Histoire de Twitter en images : http://webilus.com
- Vidéo de Présentation sur la page d’accueil du site http://twitter.com (lien en haut à droite Watch a video)
- Visitée cliquée n°8 de Télérama.fr : www.telerama.fr/techno
- Article sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Twitter
- Article sur GenerationCyb : www.generationcyb.net/Twitter
- Article « Twitter : présentation du concept, de ses différents usages et de quelques applications connexes » sur le Blog de Frédéric Cozic : http://blog.aysoon.com
- Article « Le réseau Twitter émerge comme source d’information pour les médias » - Le Monde - 11 juin 2009.
- Article « Twitter va gazouiller dans les moteurs de recherche » - Lepoint.fr - 06 juillet 2009 : www.lepoint.fr/actualites-technolog...
- Article « Iran, la révolution Twitter ? » - Libération.fr - 07 juillet 2009 : www.liberation.fr/monde
- Article « La pensée en réseau : nouveaux principes cognitifs pour un devenir posthumain ? » de Raphaël Josset - CEAQ (Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien) : www.ceaq-sorbonne.org
- Article « Nouvelle technologies et construction sociale de l’hyperréalité » de Fabio La Rocca - CEAQ (Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien) : www.ceaq-sorbonne.org
- Présentation et Tutoriels Centre de Ressources des EPN de Wallonie : www.epn-ressources.be/tutoriels-twi...
- Tutoriel CRDP de l’Indre et Loire : http://calameo.com
- Article « Twitter pour les nuls » : http://etiennechabot.wordpress.com
- Article « Twitter : 7 raisons de s’y mettre dès maintenant » : http://dyvantity.com/reseaux-sociau...
- Article « 10 conseils pour bien utiliser Twitter » : http://fr.techcrunch.com
- Article « Quel usage professionnel pour Twitter ? » : www.conseilsmarketing.fr
- Pour se distraire - Twitter en vidéo « Twouble with Twitters » : http://current.com
Le succès des plateformes de partage de vidéos
Là où le Web 1.0 plaçait l’internaute en temps que récepteur d’informations et simple utilisateur de services, le Web 2.0 a redéfini son rôle en lui proposant d’être également acteur d’Internet et producteur d’informations. S’inscrivant dans cette dynamique Web 2.0, les plateformes de partage de vidéos ont le vent en poupe depuis quelques années. Elles gagnent chaque jour un public de plus en plus important.
Créés tous deux en 2005, YouTube (www.youtube.com) et Dailymotion (www.dailymotion.com), les deux leaders sur ce marché florissant, connaissent une notoriété incontestable. 15 millions de vidéos sont visionnées chaque jour sur YouTube et 20 000 sont postées quotidiennement. Avec une moyenne de 258 millions de visiteurs par mois, le site américain est devenu l’un des sites les plus visités au monde !
Permettant aux internautes de visionner et partager gratuitement tous types de vidéos, les plateformes ne rendent pas seulement leur public spectateur mais également auteur du contenu puisqu’elles sont directement alimentées par leurs adhérents. Elles suscitent d’autant plus de participation que leur utilisation est très simple : employant la technologie Flash, le dispositif convertit systématiquement le fichier envoyé, quel que soit son format initial. En s’inscrivant sur les sites, les adhérents peuvent ainsi envoyer des vidéos de façon illimitée, poster des commentaires et noter les vidéos.
Devenues de véritables encyclopédies vidéos, l’internaute peut retrouver sur les plateformes tous types de contenus, les meilleurs comme les pires…
Une véritable frénésie s’est emparée de ce mouvement. Regarder des vidéos via Internet est devenu une activité sociale à part entière : des communautés se créent autour de sujets fédérateurs, les internautes discutent des contenus, échangent des données, etc.
Les plateformes de partage de vidéos soulèvent néanmoins quelques interrogations et critiques.
Le principal reproche qui leur est adressé concerne le non-respect des droits d’auteur.
Ces sites brassent un trafic important, ce qui rend le contrôle difficile. La règle à laquelle les adhérents sont soumis est l’obligation de détenir le copyright des vidéos qu’ils mettent en ligne. Mais cette contrainte est particulièrement difficile à faire respecter…
Dailymotion a ainsi été poursuivi en justice par les comédiens Jean Yves Lafesse et Omar et Fred pour diffusion sans autorisation de certains de leurs sketches. Il en va de même pour YouTube, qui a reçu de nombreuses plaintes émanant de TF1, de Viacom ou encore des ligues de football et de tennis français.
En réponse à ces problématiques, Dailymotion a restreint les fichiers postés à 150 Mo. YouTube, quant à lui, a limité la durée de ses vidéos à 10 minutes. Cette solution n’étant pas suffisante, la plateforme a signé en 2006 des accords avec de grands studios tels que Warner Studios ou encore CBS, pour instaurer un système de filtrage supprimant les vidéos illicites et la possibilité de diffuser ces dernières moyennant un partage des revenus publicitaires des ayants droits.
Les grandes marques prennent néanmoins conscience du potentiel publicitaire que génère la diffusion de vidéos via internet.
MTV, chaîne de télévision du câble, a ainsi signé un partenariat avec YouTube pour la diffusion sur la plateforme de plusieurs émissions.
Le canal publicitaire, dont les retombées peuvent être innombrables, suscite l’attention de nombreuses enseignes. Citons l’exemple de Nike qui a mis en ligne gratuitement sur YouTube une publicité maquillée en film amateur présentant les dribbles du footballeur Ronaldhino, avec aux pieds les chaussures de la marque (www.youtube.com/watch?v=lsO6D1rwrKc). L’audimat de cette publicité s’est élevé à 1,5 million d’internautes !
En postant leurs œuvres sur les plateformes de partage de vidéos, de nombreux artistes visent également la notoriété, espérant susciter des « buzz » identiques à ceux de Kamini (www.youtube.com/watch?v=wPJ-xRaw2l8) ou de Rémi Gaillard (www.nimportequi.com).
Une autre problématique soulevée par les sites de partage de vidéos concerne la liberté d’expression.
YouTube est particulièrement visé par les critiques à ce sujet… En effet, le contenu du site est évalué par la Constitution américaine qui prône une liberté d’expression totale. Des vidéos à caractères homophobes, négationnistes ou discriminatoires peuvent de ce fait aisément se retrouver sur la plateforme, sans aucune répression... L’accès du site a ainsi été réprimé dans plusieurs pays dont la politique peut être considérée comme plus restrictive (citons par exemples la Chine et la Tunisie).
Le contrôle des contenus est une problématique récurrente pour les plateformes de partage de vidéos. Ce qui ne nuit pas pour autant à leur succès puisqu’elles enregistrent pour la plupart des taux de croissance stupéfiants. Dailymotion affiche ainsi une croissance de fréquentation de 70% par mois en 2008, derrière YouTube qui connaît une progression de 80% depuis ces 12 derniers mois !
Malgré ces résultats, les deux sites de partage de vidéos ne s’avèrent pas aussi rentables que l’on puisse le penser… Le chiffre d’affaire de Dailymotion est estimé à 10 millions d’euros en 2008. La rentabilité du site n’a pourtant été évoquée qu’à partir de fin 2008. Son concurrent rencontre les mêmes difficultés : Google, propriétaire de YouTube depuis 2006, reconnaît que le site peine à trouver un retour sur investissement.
Par conséquent, les plateformes commencent à introduire progressivement des publicités en ligne. Mais l’insertion de ces dernières nécessite l’accord préalable des sociétés de médias ou des partenaires du site. En considérant que 96% des vidéos présentent sur YouTube ne respectent pas le droit d’auteur, trouver des sponsors semble délicat…
Sources :
- www.01net.com
- www.journaldunet.com
- www.echosdunet.net
- www.internetactu.net
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
Pour en savoir plus :
- Une étude sur les pratiques de consommation de vidéos sur Internet (décembre 2008) : www.marsouin.org/article.php3?id_article=250
- Un article de Wikipédia sur le blocage de YouTube : http://fr.wikipedia.org/wiki/Blocage_de_YouTube
- Un article en lien avec la problématique des droits d’auteurs : Rénover le copyright, un impératif de l’économie numérique (octobre 2008) : www.a-brest.net/article4804.html







